Ode
Abstention massive

60 % d’irresponsables qui font le jeu de Le Pen...

lundi 15 juin 2009 par Kushi

Il y a encore peu de temps voilà ce qu’on nous disait - entre autres - comme ânerie à chaque élection, à nous peuple d’abstentionnistes, et cela provenait autant des rangs de gauche que de droite. Pointant leur doigt accusateur, ces esprits éclairés par des lampes de poche pensaient avoir trouver en nous l’origine absolue de ce qui était en réalité leur propre erreur, leur propre défaite. Mais déjà à l’époque, alors qu’ils vivaient encore dans les grottes de la réflexion politique, de notre côté nous nous posions cette simple question : que nous indique un taux d’abstention qui dépasserait le seuil symbolique de 50 % ? Voilà une brève révélatrice d’Anne-Cécile Robert, qui s’ajoute à l’héritage de plus d’un siècle de pensée anarchiste. Combien de temps encore allons-nous perdre avant de comprendre ? Un siècle de plus ?

Kushi

L’abstention, premier parti européen

Les élections européennes de juin 2009 ont vu l’abstention progresser dans tous les pays de l’Union : 56,9 % en moyenne, 59,35 en France (4,34 % de bulletins blancs et nuls). Le Parlement de Strasbourg est donc élu sur une base démocratique étroite qui questionne sa capacité à représenter vraiment les peuples.

Certains commentateurs ont avancé l’idée que les questions européennes n’intéressaient pas les électeurs. Mais, il y a 4 ans, la campagne sur le traité constitutionnel avait mobilisé, pendant de longs mois, la grande majorité des citoyens. Ce serait donc plutôt les élections au parlement elles-mêmes qui suscitent la réticence, voir l’hostilité. Le mépris du vote du 29 mai 2005 a d’ailleurs sans doute joué dans le refus de nombreux électeurs de se déplacer pour mettre un bulletin dans l’urne. On note à cet égard que, pour la première fois, plusieurs textes ont circulé, notamment sur Internet, appelant au boycott du scrutin européen. Selon ces textes, l’abstention était un choix politique basé sur le fait que le parlement européen n’est pas un vrai parlement et que, même s’il est doté de pouvoirs certains, il agit dans un cadre fondamentalement non démocratique que la participation électorale légitimerait.

Pourtant, malgré ces critiques de fond et les réticences des citoyens, tous les partis politiques ont joué le jeu de ces élections fantomatiques et personne ne représentait les abstentionnistes sur les plateaux des soirées électorales. Cette situation invite à une réflexion de fond sur les dysfonctionnements de nos démocraties et la nécessité de modifier en profondeur le système institutionnel et politique, tant européen que national.

Anne-Cécile Robert

http://www.monde-diplomatique.fr

Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 43031

Site réalisé avec SPIP 1.9.2d + ALTERNATIVES + modifications par Kushi

     RSS fr RSSDémocrature et lieux communs   ?